Concours Mai 2012 – Les votes sont ouverts

Le concours de Mai 2012 est ouvert, à vous de jour

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Portrait : Philippe Booch

http://www.flickr.com/photos/philippebooch/

- Bonjour Philippe, photographe c’est ton métier ou bien est-ce un hobby pour toi ?
Photographe n’est pas mon métier, c’est une passion, pas un hobby.

©Philippe Booch

- Parle-moi un peu de ton parcours.
Mon parcours photographique alors, sinon ce serait trop long… Vers 20 ans j’ai acheté un Olympus OM1 pour photographier mes proches. J’ai, par conséquent, commencé à m’intéresser à la technique, beaucoup lu, beaucoup pratiqué, beaucoup gâché de film.
Plus tard, j’ai eu l’occasion de faire des stages à l’école des Gobelins pour apprendre le développement et le tirage. Mon parcours est linéaire en fait, je fais des portraits et rien que des portraits.

- Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la photo ?
Ce qui m’a donné envie de faire des photos est le désir d’attraper des regards, des yeux que je trouvais beaux.

©Philippe Booch

- As-tu un photographe de prédilection ?
J’ai quelques photographes de prédilection oui, Lartigue, Avedon, Lindbergh, Sieff. Si je dois n’en retenir qu’un, je garde Sieff qui est très complet, très sensible, il a fait de magnifiques portraits, des nus, des paysages et des natures mortes élégants et de plus, il plus écrivait joliment.

- Quel message souhaites-tu faire passer à travers tes images ?
Je ne crois pas avoir de message à passer à travers mes photographies, ce sont des portraits, des yeux. Ou alors, le message unique est un grand cri d’amour pour les regards.

©Philippe Booch

- Comment prépares-tu une séance photo ?
Mes photos se divisent en deux parties : les portraits de gens dans la rue, il n’y a donc pas de préparation et les portraits de personnes que je contacte ou qui m’ont contacté pour une séance.
Il n’y a pas de préparation à proprement parler, c’est justement la spontanéité, la gêne même du sujet qui m’intéressent. Une personne trop mise en scène va se composer un personnage, un regard “à photo”, cela prend du temps et la lassitude peut venir rapidement.
Donc, je photographie rapidement, je ne fais pas beaucoup de clichés, j’ai toujours la crainte d’ennuyer et j’ai rapidement ce dont j’ai besoin… ou pas, mais il ne servira à rien d’insister alors.

- Comment sélectionnes-tu tes sujets ?
On revient toujours au regard. Pour ce qui est des personnes que je connais ou que je contacte pour les photographier, c’est leur regard qui m’attire, la sélection se fait donc par les yeux chez moi.

©Philippe Booch

- Quel matériel utilises-tu ?
J’utilise un Hasselblad avec un 80 mm et un 150 mm, je me sers aussi d’un Canon eos 5d mkII avec un 85mm, un 100 macro et un 28-70 excellent.
Le numérique est très pratique et rapide mais j’ai du mal à l’aimer tout de même, je ne suis pas fan du rectangle et j’aime le film et sa matière.

- D’après toi, quelles sont les qualités qui sont demandées pour être un bon photographe ?
Les qualités d’un photographe ? Aimer les sujets qu’il photographie avant de penser au résultat, avoir envie de les mettre en valeur. Aimer la photographie, pas le matériel. Je crois.

©Philippe Booch

- Serais-tu prêt à travailler gratuitement en échange de publicité ?
Une séance contre de la visibilité ? Il faut voir les conditions, cela me parait toujours un peu suspect. Non ?

- Quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite se lancer ?
Apprends, lis, regarde des expos… Pas que de photographie : la peinture, les statues aussi. Si tu sens que tu peux apporter quelque chose : fonce !

- Quel a été le moment le plus embarrassant depuis que tu pratiques la photographie ?
Le moment le plus embarrassant a été un jour où je me suis aperçu tout de suite que je n’arriverai à rien avec le modèle que j’avais contacté, très gênant de n’avoir aucune envie, aucune inspiration… Très !

- Si tu étais invisible une journée, quelle serait la première chose que tu ferais ?
Si j’étais invisible, je ferais des photos de femmes dans leur chambre. J’aimerais voir ce qu’elles font quand elles sont seules… Le photographier sans doute aussi.

- Qu’est ce que tu aimes le moins chez toi ?
Ce que j’aime le moins ? Ma paresse je crois.

- Quel est ton achat le plus cher ?
Mon achat le plus cher à mon cœur ? On ne parle pas d’argent là si ? Mon Hasselblad, j’aime son poids, son bruit, son odeur… Et les photographies qu’il fait.

- Ta maison brûle, quel objet sauves-tu en premier ?
En cas d’incendie : sauver les négatifs… Le Blad si je peux aussi.

Retrouvez cette interview complète dans notre numéro 29 : http://issuu.com/shootingmagazine/docs/2012-04-shooting29

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Morgane Launay Photographe de plateaux

http://www.morganimage.com/

http://morganelaunay.wordpress.com/

- Bonjour Morgane, tu es photographe de plateau mais tu réalises aussi des portraits et des books pour artistes. Comment as-tu débuté ?

Au départ, je ne pensais pas être photographe. J’étais fascinée par le cinéma, je me suis lancée corps et âme dans l’idée d’être réalisatrice. J’ai fait des études, des courts métrages. Un jour, j’ai dû quitter mon école de cinéma.

Par dépit, je me suis réfugiée sur une formation photo, je pensais qu’elle allait m’en apprendre plus sur l’image. Après un an de formation, j’étais toujours persuadée de vouloir faire seulement du cinéma, puis petit à petit, en rentrant dans le monde du travail, la photo m’a très vite rattrapée et ne m’a plus jamais quittée.

©Morgane Launay

- Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la photo ?

Je vais encore parler de cinéma, mais depuis toute petite, j’ai vu mon grand-père avec une caméra, faire des films pendant les événements importants de la famille. Il avait une sorte de repère dans son sous-sol, aménagé en salle de montage avec des grosses machines impressionnantes. Je pense que ça m’a amené la curiosité. La vraie envie est née plus tard, en regardant des films et des clips.

- As-tu un photographe de prédilection ?

Je dirais Wim Wenders, il est surtout réalisateur, mais aussi un peu photographe. Il a sorti pas mal de livres de photos dont Once que j’aime beaucoup.

J’ai toujours aimé son travail, il se renouvelle tout le temps. Entre Les Ailes du désir, Land of Plenty et Pina 3D, il y a un énorme fossé, de prime abord, on ne penserait pas que ce soit le même homme qui ait fait ces films. Sa femme aussi Donata Wenders, j’ai découvert son travail à la galerie Polka l’an dernier. Elle aussi est photographe de plateau, souvent sur les films de son mari, mais aussi photographe de la vie. C’est très beau ce qu’elle fait, tout en douceur.

©Morgane Launay

- Tu viens de terminer un documentaire ” 7/77 Montréal ” avec Seb Houis. Parle-nous de ce projet.

Au départ, c’est parti d’un constat simple : pour moi, l’intérêt de visiter une ville, réside surtout dans les gens qui la vivent.

J’ai commencé à Berlin en 2007, avec un petit court métrage. J’ai continué à New York en 2009, avec un livre « My New York, Portraits d’une ville », où j’interrogeais et photographiais 12 New Yorkais dans un lieu de la ville qui compte pour eux. J’ai aussi fait une expo de ce projet qui a pas mal tourné, jusqu’en Indonésie.

Pour le dernier, 7/77 Montréal qui est un long métrage documentaire, je me suis associée avec Seb Houis qui est réalisateur. On a eu cette idée un peu folle de faire le portrait d’une personne par âge entre 7 et 77 ans dans un lieu de Montréal qui compte pour elle.

On a eu à peine 40 jours de tournage en octobre / novembre 2011, c’était un beau défi, et une grande course contre la montre. La course contre la montre a continué à notre retour, puisqu’on était invité à présenter le film terminé à la nuit blanche de Montréal en février. C’était vraiment beau de pouvoir retourner et de présenter le film là bas en premier. Puis ce qui est drôle, c’est que maintenant on est des vraies encyclopédies sur pattes en ce qui concerne cette ville.

©Morgane Launay

- Tu as également à ton actif un livre ” My New York “. J’ai cru comprendre que ce projet de livre à été semé d’embûches ?

Alors, ce n’est pas tellement le projet qui a été semé d’embûches, mais plus la vie sur place. Quand on est arrivés, la chambre qu’on avait réservée n’existait pas. Pendant le voyage, mon appareil photo m’a lâchée, l’ordinateur de mon ami est mort aussi. Un jour, mon passe de métro était démagnétisé, il pleuvait des cordes, c’était une entrée sans guichet, en bon français que nous sommes, on est passés à deux dans le portique. La police du métro nous attendait, et nous a donné une jolie amende. Là-bas, on ne plaisante vraiment pas avec la police.

Et enfin, j’ai eu un problème de santé, j’ai dû me faire opérer direct en rentrant en France.

Donc oui, on a eu une énorme poisse, mais l’aventure humaine était géniale, parce qu’à côté de ça, tous les gens ont été adorables. On a rencontré un agent immobilier, qui n’a pas hésité à nous faire dormir à l’agence immobilière après qu’un de ses clients ait finalement refusé de nous laisser dormir dans son appartement avant d’avoir pu signer les papiers avec son avocat, le lendemain.

Et maintenant, quand je repense à ce voyage, je ne me souviens plus de ces mauvais côtés, je me rappelle juste de ces gens qui ont fait ce beau livre avec moi. Et puis ce sont de belles aventures à raconter pour quand on sera vieux !

- D’autres projets de livres ?

D’autres projets de films surtout, dans la lignée de ce dernier. Mais comme ces films sont aussi photographiques, j’espère effectivement qu’on pourra en faire un livre.

©Morgane Launay

- Revenons à ton activité de photographe de plateau. Est-ce plus difficile que le portrait ? Comment travaille-t-on en tant que photographe sur un tournage ?

C’est complètement différent. Dans le portrait, le photographe est acteur de la situation, c’est lui qui mène la danse. Sur un plateau, je suis seulement spectatrice, avec l’œil de mon appareil.

Pendant un tournage, il y a toujours une énorme effervescence, tout le monde a une tâche précise et doit la faire au plus vite. De ce fait, il faut savoir se faire discret, ne pas trop interagir avec la situation, ne pas se mettre dans le chemin d’un électro qui doit porter une grosse lampe, tout en comprenant rapidement ce qui se passe pour savoir ce qu’il y a à photographier.

Une équipe de tournage, c’est une sorte de grosse colonie de vacances, où tous les gens fusionnent très rapidement, où tout se vit un peu plus intensément. Il faut donc, tout en restant discret, se faire sa place face au groupe, ce qui est délicat, puisqu’on est la seule personne de l’équipe qui ne sert pas directement à faire avancer le film, du moins pendant le tournage.

- Quel matériel utilises-tu ?

J’avais un Nikon avant pour lequel j’avais récupéré pas mal de vieilles optiques très chouettes. Quand Canon a lancé la vidéo, j’ai fini par déguerpir chez l’adversaire pour ajouter l’image animée à mon arc. J’ai donc opté pour le plein format avec le 5D mark II. J’ai gardé ces vieilles optiques que j’utilise avec des adaptateurs.

Le reste du temps, j’aime bien jouer avec quelques argentiques. Mon dernier coup de cœur c’est un Exa 1b, un petit 35mm avec une visée poitrine et une monture M42, je le ballade presque tout le temps avec moi, c’est l’appareil qui me sert à capturer la vie de tous les jours.

- D’après toi, quelles sont les qualités qui sont demandées pour être un bon photographe ?

Comme dans tout métier, je pense qu’il faut avant tout l’œil. Après être intelligent, sympathique, rigolo, rigoureux et j’en passe, ne gâchera jamais rien.

Si l’on aime vraiment ce qu’on fait, il faut juste pousser à fond tous les boutons et tout faire avec passion. Il y a tellement de définitions du bon photographe qu’avec la volonté, on peut toujours le devenir.

Par contre, être un photographe qui gagne sa vie grâce à la photo, c’est une autre histoire.

©Morgane Launay

- Serais-tu prête à travailler gratuitement en échange de publicité ?

Je collabore régulièrement avec des artistes, des projets que j’aime et que je supporte, que j’ai envie de voir évoluer. Faire des photos gratuitement pour un projet dans lequel on croit, c’est faire un pari pour l’avenir.

Après, c’est différent en ce qui concerne la vraie publicité. Je vois souvent fleurir des concours de grandes marques qui proposent aux photographes « amateurs » l’honneur de figurer sur la campagne de la marque. C’est super attrayant quand on veut se faire un nom, mais il ne faut pas oublier que derrière tout ça, ce sont des grands financiers qui cherchent à faire travailler des gens gratuitement.

Donc je suis assez contre ce genre de pratique, parce que cela ne donne pas tant de visibilité que ça, et qu’en participant à cela, on se tire une balle dans le pied pour l’avenir, on contribue à notre propre dé-crédibilisation, et à celle du métier de photographe.

- Quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite se lancer ?

De faire les choses à fond, d’aller au bout de ses idées. De ne pas trop se laisser influencer.

- Quel a été le moment le plus embarrassant depuis que tu pratiques la photographie ?

Les moments embarrassants, ce ne sont pas vraiment des moments de photo, c’est plus dans les réunions de famille, quand on te demande des conseils sur plein d’appareils photos que tu ne connais même pas. Ou bien quand on te donne l’appareil pour photographier la famille sous prétexte que tu es photographe. La dernière fois, j’ai photographié les narines de tout le monde, je crois qu’ils ont été un peu déçus.

- Si tu étais invisible une journée, quelle serait la première
  chose que tu ferais ?

Je pense que j’irai me voir dans le miroir, pour être sûre. Puis j’irai voir si ça marche aussi avec les vêtements et les appareils photos. Si oui, j’irai prendre un avion pour très loin, si non, j’irai toute nue faire des blagues à mes amis !

- Qu’est ce que tu aimes le moins chez toi ?

Ce qui m’embête souvent c’est ma timidité, mais je crois que c’est aussi un atout pour ne pas trop être intrusive. Alors, j’essaie de me soigner tout en gardant les quelques bons côtés de ce défaut.

- Quel est ton achat le plus cher ?

Mon appareil photo, tout simplement.

- Ta maison brûle, quel objet sauves-tu en premier ?

Mon chat, mais ce n’est pas vraiment un objet…

Retrouvez cette interview complète dans notre n° 29 : http://issuu.com/shootingmagazine/docs/2012-04-shooting29

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Jeanne Pieprzownik Jeune talent !

http://jeannepieprzo.blogspot.fr/

- Bonjour Jeanne, quel âge as-tu ?

Bonjour, j’ai 16 ans et demi !

©Jeanne Pieprzownik

- Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la photo ?

Depuis toute petite, j’ai été attirée par le monde de l’art, surtout ce qui est visuel. Je prenais des instantanés avec un appareil jetable. Je pense qu’au départ, c’était juste pour capturer des moments présents de mes amis et de ma famille. Puis, j’ai eu envie de continuer avec l’appareil numérique de mes parents et enfin avec mon propre appareil avec lequel j’essaye maintenant d’exprimer ma vision et ma sensibilité du monde qui nous entoure.

- As-tu un photographe de prédilection ?

En premier lieu, je dirais Alison Scarpulla mais j’aime beaucoup les photos de Paolo Roversi, Diane Arbus, Terry Richardson.
J’apprécie également les photos de jeunes photographes comme Nirrimi Firebrace, Fanny Latour Lambert, Théo Gosselin, Mariam Sitchinava. Il m’arrive aussi de regarder souvent le travail d’amateurs sur des Tumblr et des blogs.

©Jeanne Pieprzownik

- Quel type de photos aimes ou aimerais-tu faire ?

J’aime faire des portraits avec un cadrage serré, et que le sujet dégage une certaine émotion notamment au niveau du regard. Il doit s’intégrer et être en harmonie avec le décor extérieur. Je crée des mises en scène pour mes modèles mais, j’aime aussi les photos prises sur le vif. J’aimerais pouvoir voyager dans le monde entier pour faire des portraits de personnes très différentes dans des environnements qui leur sont propres et qui me sont étrangers.

- Comment se passe une séance photo avec toi ?

C’est à partir d’un environnement, que j’imagine et que j’élabore une mise en scène. A partir de là, j’explique au modèle ce que j’attends de lui. J’essaye de mettre à l’aise la personne, en discutant avec elle et en plaisantant, puis je la guide dans ses mouvements, dans ses expressions corporelles et dans celles de son visage.

©Jeanne Pieprzownik

- Quel matériel utilises-tu ?

J’utilise un Canon 500D avec un objectif 50mm f/1.8 et parfois un objectif 18-135mm. Je pratique également l’argentique avec différents appareils dont un Rolleiflex et un Pentax P30.

- En photographie, comme en peinture, il y a des règles. Penses-tu qu’il faille absolument les respecter ?

Honnêtement non, le plus important est d’avoir un bon œil pour saisir un instant, capter une expression, figer un mouvement, le tout avec une bonne lumière.
L’essentiel pour moi est d’exprimer une émotion et de provoquer une réaction de la part de celui qui regarde ma photo.

- La photographie est-elle pour toi une sorte de thérapie ?

Oui, j’ai l’impression qu’elle me donne davantage de confiance en moi et dans mes possibilités. Plus je pratique la photographie, plus elle m’habite et plus j’ai envie de créer.

- Ta famille t’encourage-t-elle à poursuivre dans cette voie ?

Ma famille est partagée. D’un côté, elle aimerait que je me destine à un autre métier, plus stable, car la photographie est un monde difficile où il est dur d’obtenir une place; de l’autre côté, elle aime beaucoup mes photos et elle est consciente que c’est vraiment ce qui me plait. On verra ce que l’avenir me réservera mais ce qui est sûr, c’est que se sera un métier dans le visuel !

- As-tu un coup de gueule, un message à faire passer, quelque chose qui te tient à cœur ?

Si vous n’êtes pas convaincus par ce que je viens de vous dire, alors allez faire un tour sur mon blogspot : http://jeannepieprzo.blogspot.fr/ ! Et faites-moi part de vos réactions !

Retrouvez cette interview complète dans notre numéro : http://issuu.com/shootingmagazine/docs/2012-04-shooting29

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Hadrien Denoyelle ” L’invité surprise “

http://www.hadriendenoyelle.com

- Bonjour Hadrien, photographe c’est ton métier ou bien est-ce un hobby pour toi ?

J’exerce avant tout la photographie en parallèle de mes études. Cette activité me prend énormément de temps, mais si j’y travaille d’arrache-pied c’est bien pour en faire mon métier d’ici quelques années !

©Hadrien Denoyelle

- Parle-moi un peu de ton parcours.

Je suis un étudiant en école de communication et marketing (ISTC), qui a découvert la photographie il y a un an et demi.
Fort de diverses rencontres, notamment avec le photographe de sport Christophe Elise qui m’a donné les bases de la photographie studio et à qui je dois beaucoup, j’ai pu progresser et apprendre rapidement.

- Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la photo ?

J’ai toujours beaucoup aimé l’image, mais n’ai jamais vraiment touché un appareil photo avant l’été 2010. Le vrai élément déclencheur a été Facebook : par l’intermédiaire de divers amis et contacts, publiant leurs propres clichés, j’ai été ébloui par les possibilités extraordinaires qu’offre la photographie. De ce fait, je me suis dépêché d’aller acheter mon premier reflex et me suis fixé comme premier objectif de faire au moins aussi bien !

©Hadrien Denoyelle

- As-tu un photographe de prédilection ?

Christophe Jouany, photographe français aux USA, est ma référence numéro 1. J’encourage chaque lecteur à aller voir son site. Son travail est juste superbe. J’aime ce style à l’américaine, avec des couleurs chatoyantes, cette maîtrise parfaite de la lumière et ces prises de vue dynamiques.
Parmi les photographes que j’apprécie tout particulièrement, je peux citer Stéfan Bourson, avec qui j’ai eu la chance de shooter récemment, pour sa photographie de beauté, et François Berthier ainsi que Nicolas Guérin, pour leur excellent travail en photo de célébrités.

- Quel message souhaites-tu faire passer à travers tes images ?

Je n’ai pas un message en particulier à faire passer. J’ai juste envie de dégager un style propre, beau et accrocheur, sans fioriture.

©Hadrien Denoyelle

- Comment prépares-tu une séance photo ?

Je déteste faire un shoot uniquement au feeling. En effet, je mets un point d’honneur à toujours avoir une séance planifiée et cadrée.
Je travaille en collaboration avec ma make-up & hair sur les clichés à obtenir environ une semaine à l’avance. Nous laissons murir nos idées et revenons l’un vers l’autre avec nos souhaits respectifs. Ainsi, nous retenons entre cinq et dix idées de piges et les proposons au modèle suffisamment en avance.
Bien entendu, il nous arrive d’être loin de notre idée de départ à l’issue du shoot, mais au moins cette réflexion pose une base.

- Comment sélectionnes-tu tes sujets ?

Je ne prends que des modèles qui correspondent à la direction que je souhaite donner à mes clichés. La beauté et une certaine élégance naturelle sont évidemment dans mes critères.

©Hadrien Denoyelle

- Quel matériel utilises-tu ?

Un 5D Mark II avec divers objectifs tels que le 135mm f2 L, le 100mm 2.8 macro L, le 24-70mm 2.8 L. J’aime tout particulièrement mes focales fixes et leurs angles restreints, qui me permettent d’atteindre la qualité et les angles que je recherche.
Niveau lumière je suis équipé en Elinchrom avec un Ranger RX.

- D’après toi, quelles sont les qualités qui sont demandées pour être un bon photographe ?

Ne pas baisser les bras et être prêt à travailler (très) dur. Le chemin est long avant d’arriver au niveau des grands maîtres et il faut en avoir conscience.
Ne pas compter son temps me semble être un point primordial également… Avoir de bons clichés et une retouche propre prend des heures !

- Serais-tu prêt à travailler gratuitement en échange de publicité ?

Peut-être, si le projet est viable et a une bonne exposition. Mais travailler gratuitement est ce qui tue actuellement notre secteur d’activité, et dévalorise totalement nos réalisations.
Je suis vraiment remonté contre tous ces photographes qui sont prêts à bosser sur des éditos de grands magazines ou autre pour 0 euro !

©Hadrien Denoyelle

- Quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite se lancer ?

Croire en soi ! Ne jamais se laisser écraser par de meilleurs photographes !
Il est tout naturel d’être impressionné par les travaux de l’un ou l’autre, surtout lorsque l’on débute, mais n’oublions pas que chacun commence un jour ou l’autre.
Se référer à ses photographes préférés et se fixer des objectifs aide à progresser.

- Quel a été le moment le plus embarrassant depuis que tu pratiques la photographie ?

Aucun… Mis à part les deux pannes d’obturateur de mon 5D Mark II en plein shoot.

- Si tu étais invisible une journée, quelle serait la première chose que tu ferais ?

Aller assister à un photoshoot d’un grand maître tel que Demarchelier ou Testino. Je suis vraiment curieux de savoir comment ils sont.

- Qu’est ce que tu aimes le moins chez toi ?

Mon besoin de préparation.

- Quel est ton achat le plus cher ?

Le 5D Mark II.

- Ta maison brûle, quel objet sauves-tu en premier ?

Ils ne sont pas toujours avec moi, mais certainement ces disques durs qui contiennent des années de souvenirs…
Retrouvez cette interview dans son intégralité dans notre n° 29 : http://issuu.com/shootingmagazine/docs/2012-04-shooting29

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Les tarifs d’un photographe

Comment s’y retrouver ? A quel prix vendre vos photos ? Comment rédiger un devis ?

Cet article n’a pas pour objet de se substituer aux conseils avisés des organismes représentant notre profession ni de proposer des tarifs “ clés en main “. Il s’agit uniquement dans les lignes qui suivent de vous donner quelques indications sur la méthode de fixation de tarifs à l’heure où bien souvent les amateurs et jeunes professionnels hésitent à faire valoir la valeur réelle de leur travail.

Les barèmes de l’Union des photographes professionnels (UPP), téléchargeables à l’adresse www.upp-auteurs.fr, ont la particularité d’être souvent utilisés au titre de barème de référence pour la fixation du montant de vos cessions de droits. Ces derniers ne s’adressent pas uniquement aux auteurs photographes mais aussi aux photographes artisans. En effet, rien ne vous interdit en tant qu’artisan de céder vos droits sur des images déjà existantes dans vos archives ou sur des commandes.

©Eva Lesalon

L’application de ces barèmes n’est pas toujours chose facile, pour différentes raisons : certains photographes non professionnels tout d’abord ne se sentent pas en droit de prétendre à une qualité de travail comparable à celle des professionnels (à tort ou à raison). De leur côté, les photographes professionnels se heurtent souvent à une conjoncture économique qui rend impossible l’application des barèmes donnés à titre indicatif et se voient obligés de réduire un peu leurs prétentions pour tenter de conserver le client. Tenir compte de la conjoncture ne signifie pas, bien entendu, qu’il faille pratiquer une politique agressive de “ dumping “ qui, à terme, reviendrait à dévaloriser le travail du photographe lui même et de l’ensemble de la profession. Cela le desservirait à longue échéance. Je vous invite à télécharger ces barèmes et à les consulter régulièrement.

Sur quels critères fixer vos tarifs ?

Il vous faut évaluer le coût de revient de vos photos :

- Le matériel que vous utilisez et rappelons que le numérique a un coût : un boitier numérique a une durée de vie assez courte, il faut donc renouveler l’achat d’un boitier tous les 2 ou 3 ans en moyenne. Qui dit numérique dit aussi ordinateur et logiciels coûteux.

- Le temps que vous avez passé pour réaliser la prise de vue.

- Le temps que vous aller passer pour l’editing (sélection des images) et post-production.

- Le support sur lequel vont être livrées vos images : mail, cd, tirages papiers.

- Les frais de déplacement.

- Les autres frais comme l’électricité et le loyer si vous avez votre propre studio.

- Pensez également quand il y a lieu aux intervenants : coiffeurs, maquilleurs, stylistes, etc.

- Prenez soin d’évaluer le marché de votre région, sachant que le taux horaire moyen d’un photographe dans notre pays est compris entre 70 et 120 euros/h.

- Pensez bien entendu à calculer votre marge, sachant que l’activité d’un photographe est divisée en trois parties : la production d’images, la prospection, la gestion (comptabilité, facturation, relance, etc.)

©Eva Lesalon

Lorsqu’il est question de cessions de droits (images qui vont vous être commandées par des entreprises, des publicitaires, des maisons d’édition, des sites internet, des cartes postales, calendriers, pochettes d’albums, catalogues, etc.), veillez à raisonner de façon proportionnelle à l’étendue des droits dont la cession vous est demandée (voir barème de l’UPP). Certaines entreprises, certaines presses ont leurs propres barèmes. En principe, le prix de la cession sera déterminé en fonction du profit que le diffuseur retirera de l’opération.

Lorsqu’il est question de vente de tirages originaux (limités à 30 exemplaires, tirés sous votre contrôle et signés de votre main) aucun barème n’existe à cet égard et fort heureusement. Tenez compte, pour fixer votre prix, du coût de revient de votre tirage (papier, encre ou facture de votre tireur). Il est évident que les tarifs que vous pourrez proposer varieront en fonction de votre notoriété.

©Eva Lesalon

La photo sociale

Dans la pratique, la fixation des tarifs pose moins de difficultés, la démarche de l’artisan étant plus proche d’une démarche commerciale classique : étude du marché dans la région où il pratique, calcul du coût de production et estimation de sa marge bénéficiaire. Seule sa renommée et son talent pourront, au fil du temps, l’amener à établir ses propres tarifs, sans plus tenir compte de ce que pratiquent les concurrents de sa région.

Regardons sur le site de l’UPP ce qui est écrit : il est difficile d’établir un prix à la journée indicatif car il dépend de nombreux facteurs, comme la notoriété du photographe, le matériel qu’il emploie, ses propres charges professionnelles ou personnelles. Mais il est possible de définir un tarif journalier minimum en ayant connaissance de certaines données indispensables.

D’après les chiffres de plusieurs associations de gestion agréées, le bénéfice moyen, c’est à dire le revenu, pour notre profession, représente 30% de notre chiffre d’affaire. C’est à dire que, pour une recette de 1000 €, il reste au photographe un bénéfice (revenu) de 300 €, une fois déduites toutes les charges professionnelles et cotisations sociales.

Il faut savoir également que, pour une journée de prises de vues, il y a au minimum une journée de post-production (editing, traitement d’image, retouches), ce qui, pour une journée facturée 1.000 €, ramène le bénéfice à 150 € de la journée, et un revenu horaire relativement modeste.

De plus, une journée de prises de vues doit aussi nous payer les jours où nous travaillons pour d’autres aspects de notre métier : la comptabilité, le démarchage des clients, la gestion de nos archives, de notre site internet, etc.

Se rappeler aussi que le montant facturé ne concerne pas seulement la prise de vues mais inclut également une cession de droits pour les usages immédiats de nos photos ou une cession forfaitaire qui définit dans le temps et l’espace les utilisations.

Tous ces éléments doivent impérativement être pris en compte pour pouvoir exercer notre métier dans des conditions pérennes et décentes.

Une fourchette entre 700 et 1200 € est le minimum pour une journée de prises de vues (avec cession de droits limités et définis), prix auquel nous recommandons d’ajouter les frais de déplacement.

©Eva Lesalon

La photographie est un des rares métiers où les tarifs n’ont pas augmenté depuis des années. Refusons les propositions de prix ridicules. Argentique ou numérique, une bonne photo demande toujours du temps et du talent.

Vous l’aurez compris, il n’existe aucun tarif prédéfini. Il appartient à chacun de vous de fixer vos propres tarifs en fonction de votre région, de son marché, de votre investissement, de vos charges sociales, de votre façon de travailler et du temps que cela vous coûte, de votre renommée. Toutefois, je vous invite à éviter de pratiquer la politique du “ dumping “ pour attirer la clientèle. Cette pratique ne vous amènera qu’à une situation quasi intenable sur le plan financier, tout en dévaluant l’ensemble de la profession.

Victime du succès de ses tarifs irréalistes qui lui amène une clientèle abondante, le photographe dont le chiffre d’affaire aura dépassé les limites autorisées par le régime fiscal dont il a fait le choix, devra changer de régime et opter pour le régime réel. Les appels des charges trimestrielles auront vite fait de le ramener à la réalité, ce qui le contraindra à augmenter brusquement ses tarifs et de constater curieusement que la clientèle se fait beaucoup plus rare.

©Eva Lesalon

Important, toutes les informations de cet article ont été tirées de divers ouvrages : Vendre ses photographies de Joëlle Verbrugge ; Photographe indépendant de Eric Delamarre ; ainsi que de sites ou blogs de professionnels avertis. Toutefois, si vous souhaitez intervenir pour apporter certaines précisions, nous donner votre avis ou si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous écrire sur notre blog où vous pourrez retrouver cet article.

Eva Lesalon
Rédactrice en chef

http://evalesalon.4ormat.com

http://www.evalesalon.net

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Dix minutes avec Lola Rosa, Photographe !

http://www.lolarosa.fr/
http://lolarosaphoto.blogspot.fr/

- Bonjour Lola, photographe c’est ton métier ou bien est-ce un hobby pour toi ?

Un peu des deux on va dire. Disons que j’ESSAYE d’en faire mon métier, c’est difficile… Mais c’est clairement une réelle passion avant tout.

©Lola Rosa

- Parle-moi un peu de ton parcours.

J’ai fait des études qui n’ont strictement aucun rapport avec la photographie. Je n’y avais pas encore assez goûté à l’époque pour faire mes études là dedans. Quel dommage d’ailleurs, cela m’aurait évité de me perdre dans tout et n’importe quoi. Après le bac, j’ai tenté la fac de psychologie, sans succès, puis un BTS assistante de direction. Quelle idée ! Cela ne me correspondait pas du tout. Au final, j’ai arrêté les études pour trouver un boulot et m’équiper correctement en matériel photo.

- Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire de la photo ?

Mon petit ami fut le déclic. Il faisait un peu de photo à l’époque et en fait toujours aujourd’hui. Il m’a refilé le virus, je suis même devenue bien plus accro que lui ! J’ai ainsi beaucoup appris à ses côtés, notamment en technique.

©Lola Rosa

- As-tu un photographe de prédilection ?

Non pas un… Mais il y en a un tas que j’admire évidemment. Paolo Roversi est tout de même une de mes idoles.

- Quel message souhaites-tu faire passer à travers tes images ?

Lorsque j’ai commencé, je m’efforçais d’essayer de créer des images qui racontaient une histoire, mais moins aujourd’hui. J’ai désormais une approche bien plus esthétique. J’adore l’univers de la mode et je cherche à évoluer dans cette direction.

- Comment prépares-tu une séance photo ?

Je prends beaucoup de notes, de ce que j’ai besoin, où je veux aller et comment faire pour y arriver. J’ai toujours peur d’oublier des choses. Je fais des croquis aussi des fois… Cela fait sourire mes modèles d’ailleurs (j’ai un talent indéniable pour le dessin !)

©Lola Rosa

- Comment sélectionnes-tu tes sujets ?

Je passe des petites annonces en général et je choisis le modèle qui correspond le mieux à mes attentes. Je fonctionne beaucoup au coup de cœur.

- Quel matériel utilises-tu ?

Mon boîtier est le Canon EOS 5D Mark II. Je travaille principalement avec 2 objectifs : l’indispensable 50mm et un 100mm (mon favori). J’ai aussi un 24-70 que j’utilise lorsque j’ai besoin de matériel plus polyvalent comme à l’occasion d’un mariage par exemple.

©Lola Rosa

- D’après toi, quelles sont les qualités qui sont demandées pour être un bon photographe ?

Une très grande motivation pour commencer, une bonne capacité d’adaptation, de la persévérance et la timidité : au placard ! Pas toujours simple d’ailleurs.

- Serais-tu prête à travailler gratuitement en échange de publicité ?

Vraiment une grosse publicité alors… Les mots « travailler » et « gratuitement » ne vont pas du tout ensemble. C’est déjà assez difficile comme ça à mon avis.

- Quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaite se lancer ?

Ne pas griller les étapes, faire les choses dans l’ordre.

©Lola Rosa

- Quel a été le moment le plus embarrassant depuis que tu pratiques la photographie ?

Je ne crois pas avoir connu ça encore, je croise les doigts.

- Si tu étais invisible une journée, quelle serait la première chose que tu ferais ?

J’irais me servir à volonté dans les magasins !

- Qu’est ce que tu aimes le moins chez toi ?

Mon anxiété !

- Quel est ton achat le plus cher ?

Mon appartement !

- Ta maison brûle, quel objet sauves-tu en premier ?

Je pense que je sauve mon chat en premier lieu et j’essaye de choper mon appareil photo dans la foulée bien sûr.

Retrouvez cette interview complète dans notre n° 29 : http://issuu.com/shootingmagazine/docs/2012-04-shooting29

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